Métiers en croissance 2026 : ce que la cartographie LinkedIn change pour la fonction formation-RH

La nouvelle cartographie LinkedIn des métiers en croissance met en lumière 25 fonctions ayant enregistré les plus fortes progressions ces dernières années. L’intelligence artificielle y occupe une place centrale, mais la dynamique dépasse largement le seul champ technologique. Industrie, santé, environnement, finance : les transformations sont systémiques. Pour la fonction formation-RH, les perspectives sont doubles…

Perspectives directes, parce que certains métiers du classement relèvent du périmètre de la fonction formation-RH ; perspectives indirectes, parce que ces évolutions requièrent qu’elle réajuste sa mission dans l’entreprise.

IA et ingénierie : accélération des besoins en compétences critiques

Les fonctions d’ingénieur IA, de directeur de l’IA et de chercheur en machine learning figurent en tête des progressions observées. Les compétences associées — deep learning, modèles de langage, apprentissage automatique — structurent désormais des pans entiers de la compétitivité des organisations. Le marché reste jeune, mouvant, fortement concurrentiel. Pour la formation-RH, l’enjeu : soutenir le recrutement de ces profils rares ou/et organiser des trajectoires internes permettant la reconversion et l’hybridation des compétences techniques existantes. L’upskilling devient un levier stratégique. Les directions formation doivent cartographier les compétences transférables, accélérer les parcours certifiants et structurer des communautés d’expertise internes. L’IA n’est pas qu’un objet d’apprentissage ; elle devient un facteur d’architecture des politiques de développement des compétences.

Industrie, automatisation, qualité : réindustrialisation et transmission des savoir-faire

La progression de métiers comme responsable automatisation, responsable amélioration continue, responsable qualité, ingénieur CVC ou ingénieur nucléaire traduit la modernisation des infrastructures productives et la montée en puissance des enjeux de performance opérationnelle. Ces fonctions restent fermement ancrées dans des environnements présentiels et techniques, avec des exigences élevées en matière de maîtrise des procédés, de conformité et de sûreté. Pour la formation-RH, la perspective indirecte est majeure : sécuriser la transmission des savoir-faire, anticiper les départs à la retraite, formaliser des référentiels de compétences souvent implicites. Cela suppose d’investir dans l’ingénierie pédagogique terrain, la formation en situation de travail, la digitalisation des procédures critiques. La fonction formation devient un acteur clé de la continuité industrielle et de la montée en compétence des équipes opérationnelles.

Santé, environnement, conformité : la montée des métiers de responsabilité

La progression des coordinateurs environnement, responsables HSE, directeurs d’Ehpad ou physiciens médicaux traduit des transformations structurelles liées à la transition écologique, à la pression réglementaire et au vieillissement démographique. Ces métiers combinent expertise technique, encadrement d’équipes et responsabilité sociétale. Pour la formation-RH, il s’agit d’accompagner des fonctions à forte intensité humaine et normative. Les parcours doivent intégrer conformité, gestion des risques, leadership d’équipes pluridisciplinaires et qualité de service. La formation ne soutient plus seulement la performance ; elle sécurise la responsabilité sociale et environnementale de l’organisation. Elle contribue à professionnaliser des métiers où l’erreur n’est pas permise et où la crédibilité repose sur la maîtrise des standards.

Perspectives directes : les métiers RH eux-mêmes en transformation

Parmi les fonctions en progression figurent également des métiers du périmètre RH. Cela confirme une évolution interne de la fonction. Les compétences clés mises en avant — politiques RH, intégration des nouveaux collaborateurs, rémunération, pilotage des dispositifs — signalent une professionnalisation accrue. Mais le contexte technologique transforme en profondeur ces missions. L’analytique RH, l’automatisation des processus, l’usage raisonné de l’IA générative dans le recrutement et la gestion des talents redessinent les pratiques. La perspective directe est claire : les équipes formation doivent elles-mêmes se transformer. Ingénierie de parcours hybrides, maîtrise des données, capacité à piloter par les compétences deviennent des compétences cœur de métier. La transformation des métiers RH est interne autant qu’externe.

La formation : infrastructure des compétences

La dynamique observée révèle des tensions durables sur des compétences critiques, techniques comme managériales. Pour la formation-RH, la question ne se réduit pas à l’identification des métiers en croissance, car il lui faut également anticiper les écarts de compétences qu’ils génèrent. Les directions formation deviennent une infrastructure stratégique : elles relient prospective métiers, gestion des emplois et des parcours, attractivité et dispositifs de développement. Elles doivent articuler besoins court terme et transformation long terme, tout en intégrant l’IA comme outil d’accélération pédagogique et d’optimisation des parcours. La cartographie des métiers en croissance n’est pas un palmarès figé ; elle constitue un signal structurant. Pour la fonction formation-RH, elle confirme une réalité : elle n’est plus un service support. Elle devient un levier central de compétitivité et de souveraineté compétentielle pour l’entreprise.

La rédaction de L’essentiel RH-Learning.